Marianne Moukomel, le blog

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mardi 22 novembre 2011

Une grande femme nous a quittés

818486_the-dalai-lama-exiled-tibetan-buddhist-religious-leader-l-hand-in-hand-with-danielle-mitterrand.jpg Danielle Mitterrand était une femme d'abord, la femme militante d'un président qui a permis qu'arrive l'alternance dans notre pays; un pays qui avait été si longtemps dirigé par une droite ultra-libérale, une droite qui s'ajoutait des particules pour faire plus noble, une droite qui avait perdu le sens de "l'Etat".

Danielle Mitterrand était une femme de combats, combats pour des idées de démocratie, de solidarité, de partage, d'égalité, de respect de l'autre. Son indépendance d'esprit, sa liberté de parole, sa révolte permanente contre les habitudes et les causes entendues lui avait valu des remontrances de personnalités plus dans "le moule".
Elle avait essayé, je me souviens, en arrivant à l'Elysée, de changer les choses : des choses simples, mais qui pouvaient être symboliques de changements plus profonds: à l'Elysée, nouvelles pratiques d'intendance, nouvelles recettes culinaires, nouveau protocole. Sans doute y a-t-elle un peu réussi, mais au terme de combien de luttes contre des montagnes de préjugés.

Danielle Mitterrand, femme de gauche, était allée à la rencontre, avec plus ou moins de bonheur, d'autres personnalités fortes de gauche, et en premier lieu, souvenons-nous de ses multiples et célèbres visites à Fidel Castro : elle n'a sans doute jamais été dupe de ce système, mais elle voulait, toujours, rechercher ce qui pouvait aider à un meilleur partage des richesses, des savoirs. les protestations avaient fusé, nombreuses, en 1995!
En 1989, elle avait défendu la cause tibétaine, rencontrant le Dalaï -Lama

Danielle Mitterrand, c'est aussi son dernier combat: l'idée que l'eau est un bien public, que ce n'est pas une marchandise, que donc ce bien devait être celui de tous. Donc, l'eau ne peut être privatisée, donc chacune et chacun sur cette terre doit avoir accès à l'eau.

Merci, Madame Mitterrand pour la force et la conviction que vous nous avez transmises tout au long de ces années de militantisme.

dimanche 20 novembre 2011

Et pourquoi, à Marseille, ce ne serait pas possible!

49136180.jpg Alerte à la pollution à Milan ce week-end : non pas celle de Berlusconi, il est parti, mais la pollution ordinaire, industrielle et routière : temps très humide, brouillard ou nubia comme l'on dit dans la vallée du Pô, et une industrie qui tourne comme à son habitude.

La ville a donc décidé le dimanche 20 novembre d'interdire TOUTE circulation dans Milan, à l'exception des transports en Commun et des taxis. Résultat une ville silencieuse, où se côtoient vélos et piétons, une ville qui se remplit des exclamations des passantEs.

ItMilanTramStreet1815.jpg Bien sûr, Milan est une ville plus au Nord que Marseille, bien sûr, Milan est plus riche que Marseille, bien sûr Milan possède une desserte en transports en commun plus dense sur l'ensemble de la ville, avec des parkings de délestage immenses aux portes de la ville.
Mais, les Milanaises et les Milanais aiment leur voiture, aiment la voiture, comme les Marseillaises et les Marseillais.

nmar17.jpg Et dans notre département, alors que les pollutions à l'ozone et aux micro-particules oblige le préfet à diminuer la vitesse autorisée de 30 km/h, nous continuons à rouler, comme si de rien n'était. Sommes-nous si différents de nos voisins que nous ne soyons pas capables d'accepter de perdre quelques instants pour le bien-être et la santé de nos anciens, de nos petits et de nous-mêmes? Ou les autorités sont-elles si insouciantes qu'elles ne font pas preuve de la conviction, voir de l'autorité qui permettrait un mieux-être de tous?

bravo, en tous cas, à nos amis Italiens.

dimanche 13 novembre 2011

Travailler SUR et A la démocratie

rubon1840-160x153_1_.jpg De retour de deux journées de travail sur les questions d'Agenda 21 et de participation des citoyens à la décision permettent que nous nous posions de nombreuses questions sur la démocratie.

Le droit de vote est, pour tous un premier pas pour la démocratie, pas qu'il ne nous a pas été donné de faire, pour nous femmes de France, depuis si longtemps. mais nous voyons bien que désormais, plus personne de peut se contenter d'une démocratie représentative, celle qui délègue à celles et ceux que nous élisons, fussent-ils de notre même famille de pensée, fussent-ils particulièrement avertis et brillants, le pouvoir de négocier et de décider des choix de vie, de la nôtre, de celle de nos concitoyens, et plus largement de celle des hommes de la planète.

Une autre forme de la démocratie est celle qui s'exerce au travers de tiers, les syndicats, les partis politiques, les associations, les acteurs de la société civile. Notre pays, tout au long du XXème siècle et plus particulièrement durant la période des années de grande prospérité 1960 - 2000, a pu employer ce système de gouvernance au travers de la "participation", de manière plus ou moins large et approfondie, parfois bien mal tolérée, mais permettant l'expression de contre-pouvoirs légitimés par des adhérents.

Le raidissement des sociétés, leur droitisation, le renforcement du pouvoir économique et de la finance ont fait reémerger des envies de démocratie directe, celle d'Athènes; mais que notre société est loin de la société athénienne qui, souvenons-nous, était composée non seulement d'Athéniens mais également de nombreux esclaves. Les traductions de cette forme de démocratie ont pu être l'autogestion (dans le monde économique et dans les petites communautés) ou le référendum : le risque essentiel étant le discours démagogique, la prise de pouvoir par le pouvoir de la parole ou du sachant.

Le développement durable repose fortement la question de la démocratie. Issu des mouvements autogestionnaires développés à Porto Alegre, il nous interroge sur les modes de gouvernance qui permettront de trouver un consensus entre forces économiques, forces sociales et forces écologiques. Employer la concertation comme mode de gouvernance permet à chacune des parties, généralement bien organisées, d'être mieux informée et de faire part de son avis; lequel est entendu par le décideur qui en tient compte ou non : le "débat public" en est une belle expression, selon la convention d'Aarhus (Danemark), signée le 25 juin 1998. Qu'il s'agisse de débats sur l'EPR, sur les lignes de THT, sur le développement de LGV, ils ont été riches, très documentés et ont obligé à des modifications plus ou moins fondamentales dans les projets.

Mais le développement durable oblige, également, à repartir du local et le citoyen désire chaque jour davantage à y devenir acteur. Au travers du monde associatif ou syndical, au travers d'organismes représentatifs, il peut se faire entendre sur des sujets chaque jour plus étendus, mais pouvant également être proches et en tous cas ayant trait au cadre de vie et à la quotidienneté. la question, alors est de savoir où s'arrête la démocratie locale si elle doit être arrêtée et quel est l'intérêt de l'arrêter. Si l'on ne veut pas être confronté au "pas dans mon jardin", peut-on s'arrêter à l'information, sans doute pas puisque toutes les forces repartent sachant mais sans doute pas satisfaites individuellement. Peut-on s'arrêter à la concertation, celle qui permet plus largement à chacun d'exprimer son point de vue, sachant que la décision sera prise après adaptation et en toute connaissance de cause.

Si le mot démocratie veut dire entre autre émancipation et autonomie de la pensée, alors l'outil Agenda 21 au service du Développement durable territorial doit nous obliger à aller plus loin que la concertation, aller vers la co-construction : un exercice qui permet de partager un point de départ, d'établir ensemble une stratégie pour un développement territorial durable, partager des indicateurs d'évaluation et une obligation d'amélioration continue; tout ceci devant être traduit concrètement par les techniciens dans des plans d'actions opérationnels. C'est donc bien ensemble que l'on établit une stratégie politique et les outils pour la revisiter, les techniciens apportant leur savoir faire.

Plutôt que de se mettre autour de la table et d'examiner le projet apporté par les politiques et/ou les techniciens, quite à le modifier à la marge, la démocratie comme composante incontournable du Développement Durable, n'est ce pas plutôt se mettre autour de la table en amont du projet, co-élaborer, co-construire, co-évaluer pour arriver à un consensus vrai?

S'il est urgent de poursuivre la réflexion, il est aussi urgent de prendre un bon départ et donc agir ensemble dès l'amont de nos choix.

Quand la police se prend au jeu...

Fait divers.

Au milieu de la nuit, la police est avertie par un appel téléphonique qu'un individu se serait pendu au 3ème étage d'un balcon d'un immeuble marseillais.
Mobilisées trois voitures de police, soit 12 personnes, des pompiers, une voiture de réanimation.

- Personne ne répond au 3ème étage.
- Les policiers réveillent parents et enfants du 4ème; sans explication, ils s'enquièrent d'un éventuel balcon, entrent dans l'appartement, se penchent, se demandent s'ils peuvent désescalader.
- Idem en sens inverse au 1er.
- Au pied de l'immeuble, des policiers s'agacent bruyamment de ne pouvoir entrer dans l'appartement du 3ème, montent sur le toit de la maison en contre-bas, cassant au passage une dizaine de tuiles.
"Est ce qu'on descend en rappel, ou enfonce-t-on la porte?"
- Enfin, l'habitant du 3ème étage, un sportif qui avait profité la veille du vent fort pour jouer avec les vagues, se réveille et vient ouvrir : sur son balcon sèche paisiblement sa combinaison de surf!!

Commentaires
- Comme habitante, je ne peux que m'interroger sur celle ou celui qui a bien pu passer un tel coup de fil. Attention au crédit d'un futur appel aux yeux de la police.
- Comme citoyenne, je m'étonne que les jumelles ne fassent pas partie de la panoplie du parfait policier.
- Comme élue, si je me réjouis de l'intervention de la force publique pour répondre à la détresse d'unE individuE, mais 12 personnes mobilisées, manquant largement de discrétion à 3 heures du matin et bien peu aimables de surcroît avec la population, cela ne me semble pas un modèle tel qu'on pourrait l'attendre des policiers et cela ne me réjouit guère.

La présence policière de proximité permet, j'en suis convaincue, d'apaiser notre ville, de rassurer ses habitantEs, mais d'autant mieux que si notre police est bien formée et dès lors apte à adapter sa présence aux évènements et être modèle dans ses interventions. C'est entre autres cela que nous souhaitons, lorsque nous demandons plus de présence policière de proximité dans notre ville. Pas sûr que dans ce vallon marseillais, l'intervention décrite aie eu d'autre effet qu'un sourire plus ou moins appuyé des habitants et une grosse dépense des deniers publics.

jeudi 3 novembre 2011

Nouveaux locaux pour le Planning Familial

planning familial Réjouissons-nous. le planning familial peut à nouveau reprendre ses activités dans des locaux dignes, accueillants pour toutes celles et ceux qui, un jour, ont besoin de franchir le pas de la porte.
Plus de 50 années d'existence pour ce mouvement qui se place clairement du coté du féminisme assumé et accompli; 50 années de luttes auprès de femmes si diverses mais qui toutes ont combattu les idées reçues, les jugements de valeur à l'emporte-pièce, les mises en cause morales ou religieuses.
Et le planning familial, une association militante, au coeur d'un quartier où tant de personnes sont en souffrance, au coeur d'un maillage associatif si vivant.

Longue vie au Planning familial, à toute son équipe et à toutes les militantes des droits des femmes.
Le planning familial 13
106 boulevard National 13003 Marseille
04 91 91 09 39
www.leplanning13.

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