Marianne Moukomel, le blog

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lundi 24 octobre 2011

trop c'est trop! Et inefficace

déclaration des droits de l'hommeBien sûr, on peut se sentir mal à l'aise devant des personnes qui "font la manche" ou simplement devant des personnes qui n'ont de gîte que la rue.
Bien sûr, on peut se sentir mal à l'aise devant des personnes qui n'ont pas les mêmes valeurs esthétiques et comportementales que nous.
Bien sûr, on peut se sentir mal à l'aise devant des groupes de personnes qui n'ont pas les mêmes codes que nous. Bien sûr, on peut se sentir mal à l'aise...

la liste pourrait être longue, poursuivre avec la maladie, la langue, le handicap physique, la couleur de peau, le handicap mental, la vieillesse, la folie, ..., la différence tout simplement

Bien sûr que la question n'est pas simple et elle l'est d'autant moins que la société vise à l'uniformisation, à la standardisation des personnes comme de leur comportement.

Le maire de Marseille a pris, il y a peu, un arrêté anti-mendicité, un arrêté qui pénaliserait d'une amende de 38€ l'individu(e) qui tend la main pour quelques centimes. J'aime les villes belles, je souhaite que, pour ses habitants, pour tous les passant(e)s, pour moi-même, la ville que j'habite et que j'essaie de servir le mieux possible, embellisse, qu'elle soit plus propre, plus accueillante, plus conviviale, plus sûre.

Comment exiger une amende à celles et ceux qui, par drame social ou familial ou ceux qui ont fait le choix de dire non à une certaine forme de société basée sur l'argent? N'est ce pas ne rien comprendre à celles et ceux qui ont choisi ou ont été jetés à la rue, et qui se retrouvent sans le sou.

Qui donc peut imaginer qu'une amende et l'expulsion du centre ville des plus pauvres va rendre la ville clean. Celles et ceux qui pensent cela, sont-ils allés voir ailleurs afin d'étudier des solutions respectant les personnes, proposant des solutions dignes, alternatives à la rue.

Notre ville et ses habitants éprouvent un grand malaise : ils voient Marseille, ville bouillonnante, pleine de charme, si portuaire, si paupérisée en même temps que si différente des autres villes d'Europe. Et ils se comparent à ces villes du Nord, où l'on vit dans les maisons, où l'extérieur est surtout un lieu de passage. Et à force de se comparer, à force d'imiter, on oublie que la ville et la vie sociale, ce sont des moments de convivialité, des espaces partagés, des plaisirs de rencontres: notre ville se construit sans places ni espaces publics. Le foncier est cher, alors il faut gagner le maximum de surfaces, mais qu'en sera-t-il des modes de vie, de la socialisation et de la citoyenneté par la vie en société? Qu'en sera-t-il de cette société, si elle n'est que des individus, anonymes, côte à côte allant de la maison au travail, à la superette, recherchant les services au public, puisqu'il n'y a plus de services publics.

Il est temps de réfléchir à d'autres solutions que l'exclusion comme seule réponse à l'incivilité, à l'insécurité. Nous avons toutes et tous droit au respect et à la sécurité, cela comprend de la répression, mais également de l'éducation, de la vigilance, de la prévention, des emplois.

C'est juste un coup de gueule car aujourd'hui, trop, c'est trop. Et tellement inefficace et inapplicable.

Et après, tristesse, car comment peut-on avoir des recettes aussi simplistes qu'inefficaces. Il est urgent de se remettre à croire en l'Homme, et de rechercher des solutions ensemble, pas en clivant.

lundi 17 octobre 2011

Plan Local d'Urbanisme à Marseille : intervention en Conseil Municipal

mairieAprès une "grosse fatigue", reprenons notre effort d'écriture car qu'il s'agisse de politique locale ou de politique nationale, les enjeux sont trop importants pour ne pas essayer d'en débattre, sur le fond.
Ce matin, un Conseil Municipal, souvent orageux, en tous cas agressif, alors que des sujets majeurs étaient abordés, importants pour notre ville et pour toutes les habitantes et habitants.
Ci dessous, mon intervention sur le Projet d'Aménagement et de Développement Durable, préalable au plan Local d'urbanisme, prospective pour la ville pour les 20 années à venir : débat obligatoire selon les prescriptions de l'Etat, ce qui s'est traduit par 2 prises de parole de l'opposition, dont la mienne. Et rien de plus.

Quelle parodie de débat! quelle démocratie!

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jeudi 12 mai 2011

Retour sur une 1ere concertation concernant le projet Vieux Port de Marseille.

Si l’on peut regretter le petit nombre d’habitants de notre ville présents dans la salle des Docks du Sud mercredi soir à l’occasion de la 1ere réunion de concertation, nous ne pouvons que nous réjouir du débat engagé entre la population, l’équipe d’urbanistes gagnante et les élus.

Le « Vieux Port », un projet porté par chacune des équipes en lice pour la mairie en 208 ; avec des points communs et des points de divergence sur sa mise en scène et sa fonction pour l’ensemble de la Ville, de la Communauté Urbaine, du Département et de la Région.

Après une belle présentation par l’équipe d’architectes et d’urbanistes gagnante, les questions ont pu être posées.

La plupart ont porté sur le plan de circulation qui semble inquiéter fortement les Comités d'Intérêt de Quartier présents (1er, 7ème et 2ème arrondissements) ainsi que plusieurs membres de la confédération, dont sa présidente, Monique Cordier, qu’il s’agisse de la circulation de proximité ou de la circulation Nord-Sud. Proposition de certains : faire un essai alors que les travaux ne sont pas engagés, afin d’envisager les modifications possibles peut-être.

Question proche, les questions du stationnement pour les riverains et les visiteurs, les parkings relais, l’accès aux parkings du Centre Ville, l’accès par les transports en commun de grande capacité.

L’ombrière semble en laisser perplexe plus d’un, qu’il s’agisse du geste architectural, mais n’est ce pas le sort de tout geste architectural nouveau, qu’il s’agisse, plus prosaïquement de sa gestion et de son nettoyage et là, chacun a pu dire l’attention qui devra y être porté pour que vive ce nouveau lieu.

La concertation avec les sociétés nautiques sur l’ensemble de la gestion du plan d’eau est en cours et nous ne pourrons que nous réjouir par avance d’un accord à trouver.

Autre question, les revêtements du sol qui devront simultanément être signalétiques, permettre la circulation de tous, tenir compte de l’ensemble des promeneurs, et ne pas être éblouissants du fait de notre climatologie.

Autre question, l’image de notre ville en 2013, puisque seule une première tranche de ce beau projet pourra être livrée ; qu’en sera-t-il du « reste » du Vieux Port, notre patrimoine urbain. Et question subsidiaire, le projet pourra-t-il aller jusqu'à son terme, en 2020?

Ma conclusion au bout de plus de deux heures de débat, que la concertation veuille dire écoute et enrichissement d’un projet qui embellira et mettra en scène l’une des « plus belles places du monde », comme disent certains, quels moyens mettre en oeuvre afin de permettre à la population de s’approprier ce beau projet pour notre ville, et soyons vigilant à ce qu’il ne chasse pas, de fait, les habitants du Centre ville, comme hélas ce fut le cas dans de nombreuses autres villes qui restent orphelines de leur centre avec toutes les difficultés qui peuvent en découler. le Vieux Port de Marseille doit rester aussi fidèle et à l'image de toutes celles et ceux qui le fréquentent, y vivent et en vivent depuis si longtemps, nouveaux et anciens, jeunes et vieux, touristes et habitants.

Longue et belle vie à ce projet dont Marseille et les Marseillais rêvaient depuis si longtemps.

mercredi 13 avril 2011

“MAIS C’EST UN HOMME”

déclaration des droits de l'hommeLe tout sécuritaire de la droite se poursuit.
Non pas du sécuritaire sur la question de l'emploi, de la santé, de l'enseignement, ce dont on est en droit d'attendre d'un gouvernement qui souhaite assurer, rassurer et donner de l'espoir par un mieux vivre dans la cité, dans notre pays.
Non pas du sécuritaire par le souci d'une ville apaisée, par une plus grande proximité entre une police municipale, nationale ou de gendarmerie et les citoyens, afin de faire diminuer drastiquement les incivilités et toute cette petite délinquance qui "pourrit" la vie quotidienne: conséquence de l'absence de règles simples mais fortes et faisant consensus, conséquence du désoeuvrement lié au chômage et à l'emploi partiel, fragmenté, "flexible" comme l'on dit désormais, dévalorisant pour celles et ceux qui les subissent, méprisés par ceux qui les ordonnent, conséquence de ce désamour vis-à-vis de notre jeunesse qui ne semble plus représenter l'espoir des générations anciennes, conséquence de ces manques de perspective, de ces manques de distinction, chacun se fondant en une masse grise, conséquence de cette société totalement tournée vers la consommation, le profit et le fric alors qu'il fait si souvent défaut dans les familles.

Il s'agit du tout sécuritaire de la droite, du gouvernement qui se rapproche dangereusement de la Droite extrême, avec une nouvelle loi liberticide, qui concerne aujourd'hui la maladie psychiatrique.

Je n'ai que peu de choses à voir avec la psychiatrie et avec la maladie; mais ce dont je suis convaincue, c'est que jusqu'à présent les femmes et les hommes recevaient, lorsqu'ils étaient souffrants, d'abord des soins. Ils étaient pris en charge, ils étaient pris en charge pour eux-même, des personnes en souffrance et non des miroirs de celles et ceux qui ont été atteints par ces souffrants. Aujourd'hui on ne nous parle que des victimes, mais pas n'importe quelle victime, pas celle qui est malade, qui a perdu son emploi, qui n'a pu suivre une scolarité normale. Non; on ne nous parle que de la victime des faits divers, qui doit, bien évidemment, être assurée de toute notre écoute et notre soutien, matériel, moral, psychologique, sanitaire. Mon propos n'est pas de protéger les agresseurs, ni de leur trouver des excuses, mais bien plutôt dire stop à toute cette complaisance pour les faits divers qui, montés en épingle ou simplement relatés au quotidien, fait monter un peu plus la violence, dans les deux camps, agresseurs et agressés. Il n'existe pas de sherif dans notre pays, il n'y a pas de justicier non plus, la peine de mort a été abolie dès 1981, merci Monsieur Badinter.
Alors arrêtez Messieurs les politiques, avec l'aide de la presse et la complaisance passive de nombre d'auditeurs, arrêtez, arrêtons de nous dresser les uns contre les autres. Toutes les études montrent que les gens souffrent d'isolement, particulièrement dans les centres urbains: ce n'est pas en stigmatisant les uns ou les autres que l'on retrouvera un peu de sérénité, d'empathie et de convivialité.

Et pas d'angélisme: il en est d'un choix politique qui allie la dissuasion et la sanction, d'un choix de long terme qui s'accompagne également de justice, de protection de santé, de valorisation de l'éducation et de la vie professionnelle : faire des citoyenNEs à part entière.

Le projet de loi sur les soins sécuritaires va à l'encontre de cette responsabilisation de tous les corps de notre société, ne protégeant qu'un "seul camp".
Le projet de loi sur les soins sécuritaires est liberticide et contraire au respect des Droits de l'Homme.
C'est pourquoi je m'insurge contre ce projet de loi et vous invite à vous rendre à cette réunion portée par la Ligue des Droits de l'Homme et un large collectif, contre les soins sécuritaires.

Le Collectif marseillais contre les soins sécuritaires
“MAIS C’EST UN HOMME”
vous invite à une rencontre-débat sur la réforme de la loi de 1990 Jeudi 14 Avril à 18 heures Faculté de Droit et de Sciences Politiques 110-114 La Canebière – Marseille

Ce débat se tiendra au moment où le projet de loi relatif : « aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge » est en discussion au Parlement. Il offre une illustration supplémentaire de la dérive sécuritaire imposée par l'État instaurant un amalgame entre maladie mentale et délinquance ou dangerosité, faisant de toute personne atteinte de troubles mentaux un suspect en puissance et une menace à l'ordre public. Il instaure non pas une politique de santé mentale mais une politique de suspicion et d'enfermement ou de traitement sous contrainte. Plusieurs de ses dispositions constituent des atteintes aux droits fondamentaux.

REGARDS CROISÉS SUR LE PROJET DE LOI

Docteur Alain Abrieu, psychiatre de secteur, vice-président de l'Union Syndicale de la Psychiatrie
Lucien Ambroggiani, infirmier de secteur psychiatrique, syndicat SUD Santé Sociaux.
Maïté Arthur, présidente de l'association d'usagers Sentinelles Égalité, vice-présidente d'Argos 2001
Odile Barral, vice-présidente du Tribunal d'Instance d'Albi, secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature
Martine Houlier, militante d'association de familles
Maître Olivier Lantelme, avocat au Barreau d'Aix-en-Provence,membre du Syndicat des Avocats de France
Maître Mireille de Portalon, avocate au Barreau d'Aix-en-Provence

Débat animé par Pierre Arias,
président de la Ligue des Droits de l'Homme, Marseille-Centre

ORGANISATIONS SIGNATAIRES DE L’APPEL NATIONAL « MAIS C’EST UN HOMME » : Collectif Non à la Politique de la Peur, Advocacy France, Association pour la Recherche et le Traitement des Auteurs d’Agressions Sexuelles (ARTAAS), ATTAC France, Collectif d’Associations d’Usagers en Psychiatrie (CAUPsy), Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique, Fondation Copernic, Groupe Information Asiles (GIA), Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Nouveau Parti Anticapitaliste NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche (PG), Parti Socialiste (PS), Les Sentinelles Égalité, SERPsy, SUD Santé Sociaux, Syndicat de la magistrature, Syndicat de la Médecine Générale, SNPES-PJJ-FSU, Union Syndicale de la Psychiatrie, Union Syndicale SOLIDAIRES, les Verts.

dimanche 13 mars 2011

Avant-goût de campagne UMP pour les prochaines présidentielles

Parce qu’elle a toujours été Marseille l’insoumise, Marseille doit-elle être le point de démarrage de la campagne UMP ?

Parce qu’elle est restée d’une grande indépendance économique et politique au fil des temps, Marseille doit-elle passer par les fourches caudines de la normalisation et de l’uniformisation voulue par une droite centralisatrice, réductrice, rêvant de libéralisme au soleil, de libre concurrence et de main d’œuvre bon marché ?

Alors qu’elle a su être une terre d’asile et d’accueil, Marseille devrait-elle aujourd’hui être le lit du nationalisme le plus ordinaire, des discriminations violentes, des exclusions indicibles, du discours « tout sécuritaire et sans modération » d’une droite cherchant à tester ses slogans pour la prochaine campagne présidentielle ?

Marseille résistante, c’est entre autres le lieu de création de ce chant qui appelle le respect de tous les citoyens de notre pays, c’est le lieu des soulèvements des Résistants pour la libération de la ville avec Gaston Deferre, ce sont ces grandes fêtes populaires autour d’évènements sportifs ou culturels, ce sont ces manifestations massives contre le CPE, la réforme des retraites…

Marseille, c’est aussi cette capacité d’adaptation aux situations nouvelles, cette capacité d’invention et de créativité en même temps que de mise en valeur et mise en scène de ses cultures.

Pourtant Marseille ne saurait exister aujourd’hui telle qu’elle est sans le Département des Bouches-du-Rhône.

Un département qui innove, sans ostracisme, pour une population, trop souvent fragilisée par la précarité.

Un département qui veut redonner espoir, en combattant les peurs, en travaillant à l’amélioration du cadre de vie (solidarités, logement, éducation, transports, santé, précarité énergétique, environnement, Agenda 21) par une politique volontariste débordant des seules compétences obligatoires.

Un département doté d’une volonté forte de développement, tourné vers l’Arc Latin, vers l’Europe, vers la Méditerranée et le monde entier ; quelles opportunités dès aujourd’hui !

Mais aussi un département, qui bouge, qui évolue et qui s’attèle chaque jour davantage à l’équilibre entre le social, l’économique, l’écologique pour un développement durable, pour toutes et tous, s’attaquant par là-même à une mondialisation brutale et son lot de conséquences, réductions ou suppressions d’emplois, délocalisations, conflits sociaux à responsabilités parfois partagées.

Un département qui, pour ce faire, sait s’entourer et s’enrichir de femmes et d’hommes compétents, de tous horizons, mais sans le dirigisme technocratique de « sachants ».

Alors, pour toutes ces raisons et bien d’autres encore,

les habitants rebelles, les sympathisants et militants nombreux opposés au gouvernement et leurs dirigeants sont devenus la première cible d’une UMP nationale et nationaliste qui, au travers d’élus locaux, entame sa campagne des présidentielles.

Nous ne nous faisons guère d’illusion : cette campagne contre le Parti Socialiste qui devra être le rassembleur de toute la Gauche en 2012 a commencé dans les Bouches-du-Rhône, se poursuit déjà à Lyon, dans le Nord, à Paris, contre toutes ces collectivités territoriales de progrès. Danger d’une telle campagne qui renforcerait les votes extrêmes ou apolitiques du « tous pourris », et l’abstention.

Aujourd’hui, puisque le Président de la République et son gouvernement se discréditent chaque jour davantage, leurs émissaires locaux et acolytes évitent de s’en revendiquer et bottent en touche. Et ils ont choisi d’essayer d’enfoncer, d’humilier ceux qui ne leur conviennent pas. Ceux qui divergent. Ceux qui refusent les discours simplificateurs.

RESISTANCE

Nous avons d’abord 15 jours pour Ignorer ces attaques calomnieuses et faire Partager nos convictions de solidarité et d’équité entre les personnes, entre les territoires. .

Pour Rappeler que le Conseil général des Bouches-du-Rhône, c’est 500 millions d’€ d’investissement sur le territoire, c’est 60% de budget solidarité tous âges, mais c’est également les transports, la vie associative, la santé, la culture, l’éducation et les collèges, la participation à l’effort économique et à l’aménagement du territoire…

Pour Renforcer ce Pôle de Résistance que représente le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et sa majorité de Gauche.

Le 27 mars doit être la 1ère scène du 1er acte de notre printemps 2012.

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