Vaste coupure d'électricité en PACA, suite à un incendie; qu'en conclure ?
Par marianne le vendredi 7 août 2009, 23:13 - Actualités - Lien permanent
Un
incendie, qui ravageait les collines d’Aurons et Pelissanne a obligé à une
vaste coupure d’électricité sur la région, touchant près 1,2 million
d'habitants. S’il est vrai que notre région se situe «en bout de ligne»,
quelles solutions peuvent être envisagées afin de remédier aux risques encourus
de rupture d’alimentation?
Une première solution a bien heureusement été écartée, la construction d’une ligne à très haute tension (THT) qui aurait traversé le site protégé du Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Une autre solution est toujours à l’étude, celle de la construction d’une nouvelle centrale thermique sur la zone de Fos; que penser d’une proposition qui augmenterait les émissions de Gaz à Effet de Serre, alors que notre pays a voté les 3x20: -20% d’émissions de GES, + 20% d’efficacité énergétique, + 20% d’énergies renouvelables? D’autres pensent à des centrales non-émettrices de GES, soient de grands espaces dédiés au solaire, soit de nouvelles centrales nucléaires.
Nous sommes tous fiers de nos grandes entreprises, comme EDF, qui rayonnent en France et largement à l’étranger. Mais leur gigantisme, leur pratique très concentrée marque les limites de leur exercice sur le territoire. Car, la panne n’était, cette fois, pas une question liée à la production, mais à la distribution.
Il est tout à fait évident que l’industrie ne peut, aujourd’hui, fonctionner sans des apports considérables d’énergie. Mais pourquoi ne sommes-nous pas capables d’accepter, pour près de 50% de la consommation énergétique qui recouvre l'habitat, le transport, voir les activités tertiaires, des productions «décentralisées», qui réduisent le transport de l’énergie électrique, diminuant par là-même les coûts de transport et les pertes (considérables aux dires mêmes de RTE).
Les compétences techniques existent, les savoir-faire industriels et du bâtiment existent, mais aussi le soleil, le vent, l’eau, la mer, les déchets sont disponibles à volonté, les usines de production de photovoltaïque , les usines de valoriation énergétiques se construisent; que nous manque-t-il pour avoir des productions énergétiques diversifiées, localisées, capables de répondre aux besoins domestiques de la population, à l’image de nos voisins?
Il nous manque sans doute la force de contrer les lobbies industriels très puissants des grands groupes de l’énergie et la volonté politique nationale de décentraliser notre pays. Et si notre conscience des difficultés énergétiques à venir se répand rapidement, si nos modes de consommation énergétique se modifient régulièrement du fait de la «nouvelle économie verte», il est à peu près certain que sans déconcentration de la production, sans appropriation démocratique des choix énergétiques, nous aurons finalement beaucoup de mal à modifier nos habitudes (sauf du fait du porte-monnaie) et nous resterons à la merci d’accidents comme celui qui vient de se dérouler dans notre région.