quelques mots d'une randonnée alpine
Par marianne le dimanche 30 août 2009, 23:35 - Territoires - Lien permanent
Je ne
résiste pas au plaisir de vous faire partager quelques une des moments de
plaisir de montagne.
D'abord, comme nous avions émis beaucoup de gaz a effet de serre au printemps, nous avons décidé de n'utiliser pour nos déplacements que les transports en commun : trains, car, et un peu d'auto-stop (facile avec un sac a dos et des bâtons, en montagne). Si nous n'avons pas vraiment perdu de temps, nous aurons du dépenser de l'énergie, du téléphone et de l'internet pour trouver les correspondances : la coordination train (gérés SNCF + Région) et cars (gérés par les Conseils Généraux) a encore des progrès à faire!
Notre projet était de suivre durant une quinzaine la Via Alpina, un beau chemin à l'initiative des tous les gens de la montagne, guides, accompagnateurs de moyenne montagne, fédérations de randonnée, aménageurs, collectivités locales, gardiens de refuges, Europe : un projet européen qui consiste à donner un itinéraire (avec toutes sortes de variantes) entre Trieste et Monaco, en suivant l'arc alpin; pour nous, cette année, de Saint Etienne de Tinée à la Vanoise : donc pas de voiture, bien sûr!
Les longues marches, les longues montées jusqu'aux cols, les descentes où l'on doit être particulièrement attentif laissent le temps des pensées futiles, folles, de tout ce à quoi on ne peut divaguer le reste de l'année. Il n'a jamais été question de naturalisme, option qui m'est toujours apparue comme dangereuse, mais prendre le temps, écouter et voir le temps s'écouler, tout cela, ce sont des choses nécessaires : apprendre aux enfants à s'ennuyer est toujours apparu comme essentiel à la construction de la personnalité. Pour nous, cela permet peut-être de replacer les choses dans un ordre qui a du sens tout simplement!
Et dans les pensées futiles, nous étions en train de monter au comme de l'Assietta, en Italie quand au détour d'une haute vallée, dans des alpages à plus de 2000m, nous avons découvert une ferme laitière de plus de 60 têtes de bétail, tenue par un couple. L'eau y est certes abondante, l'électricité provient d'un groupe électrogène, on peut y accéder par une route carrossable; et l'idée que l'on pourrait faire faire un stage à quelque trader ou aux cadres de l'industrie laitière pour qu'ils se rappellent que le travail doit toujours trouver rémunération descente, que tout travail est estimable! et sans moralisation!
Et puis ne
pas oublier que cet hiver a été particulièrement rude, que le Queyras a vu
tomber plus de 10 m cumulé de neige. Les avalanches ont été très meurtrières
pour les maisons, pour les forêts; la vie a pourtant continué son cours :
les chemins ont été réouverts, laissant de coté les bois morts, les refuges
sont accueillants, quel luxe de notre société !
Les femmes et les hommes savent que s'ils veulent rester, ils doivent vivre aussi avec le tourisme, que le tourisme leur apportera un peu du confort matériel qui rend la vie plus facile, à condition que cela ne soit pas synonyme de nivellement ou d'extinction des cultures, qui font la richesse des peuples, s'ils acceptent de les confronter et de les enrichir mutuellement.
village
de Barsiglia, tout au fond d'une vallée, à 80 km de Turin