déclaration des droits de l'hommeEsquiver le débat sur les services publics comme le fait le gouvernement et la droite aujourd'hui nous montre bien, s'il est besoin de s'en convaincre, le peu de considération de nos gouvernants pour la démocratie.

Certes, si la rhétorique s'acquiert aisément, le débat démocratique est un art difficile. S'il ne s'agit pas de prendre les mots, de les tordre afin de les vider de leur sens et leur faire dire ce que l'on veut, si le souci est "le bien public" et celui des personnes, alors l'exercice se complique. Le travail des gouvernants, celui des élus que nous sommes est bien de faire avancer notre pays et les idées . C'est donc de convictions dont nous devons faire preuve, avec des arguments avec comme souci de fond l'égalité devant les droits, la solidarité entre les personnes et les peuples... C'est aussi la capacité que nous avons, comme politiques, à entendre les concitoyens et leur permettre d'aller un peu plus loin. Les exemples existent, ceux relatifs aux droits des femmes, au droit à la contraception ou à l'avortement, l'abolition de la peine de mort, pour ne citer que les plus significatifs.

La semaine dernière, plus de 2 millions de citoyens se sont exprimés, concernant la question du statut de la Poste. Ne faire que clamer "détournement et manipulation d'opinion "ne trompe personne. Si l'on examine le nombre de votants dans les communes rurales, dans les quartiers excentrés, on se rend très vite compte que ce sont les petites gens, les plus démunis et les personnes agées qui ont répondu massivement, ayant bien conscience qu'elles seraient les premières sanctionnées par un service privatisé.

Le référendum d'initiative populaire, s'il était utilisé trop souvent, deviendrait rapidement lassant pour les citoyens, très onéreux pour le pays et préjudiciable pour la démocratie : une seule démocratie directe est vite sujette à démagogie et confrontations brutales. La démocratie représentative permet la construction au long cours, le temps des négociations et des compromis, si nécessaires à la mise en oeuvre du projet politique. Mais souvenons-nous qu'il n'y a aujourd'hui pas beaucoup de risque, puisqu'à coups de médias, le président de la République a annoncé la création de ce type de référendum, mais a "omis" de faire paraître les décrets d'application!

Mais ne pas tenir compte d'une expression comme le referendum sur le statut de la Poste relève de l'imposture aux citoyens, et nous ne pourrons l'accepter.