déclaration des droits de l'homme Une année vient de se clore, une année durant laquelle les grands de ce monde, l'Europe en particulier, n'ont pu ou voulu s'entendre sur des esquisses de paix.

Au nom d'une économie qu'il faudra pourtant revoir, ils ne se sont pas entendu sur un combat commun et organisé contre tout ce qui produira le réchauffement et les dérèglements climatiques.

Au nom de cette même économie et d' égoïsmes nationaux, ils n'ont pu trouvé les fonds nécessaires à la lutte contre la faim dans le monde, et les ONG n'ont, cette fois, guère eu droit aux honneurs de la presse en la matière.

Il n'est pas question de sombrer dans la morosité, donc souhaitons-nous dès à présent une bonne santé, souhaitons de grands bonheurs à nos proches, avec celles et ceux que nous aimons et aussi celles et ceux que nous devons apprendre à connaître pour former une société plus solidaire, plus fraternelle.

Mais pas question non plus de galvauder les mots, de les vider de leur sens : si la fraternité, c'est détruire les services publics, si la fraternité, c'est se protéger par un protectionnisme nationaliste, si la fraternité, c'est continuer avec des taxes injustes parce que égalitaristes, avec le bouclier fiscal et toutes les autres niches fiscales; si la fraternité, c'est la seule construction de logements neufs à 2500€ du m2, si la fraternité c'est fractionner les villes, ségréguer les habitants en fonction de leur statut social, de la couleur de leur peau, de leur sexe, de leur culture... retrouvons, comme le rappelait si souvent Camus, la rigueur sémantique. Les mots ont une origine, une histoire, un sens, les gens de lettres, les linguistes et philosophes doivent nous y aider et nous y pousser.

Oui le sentiment de régression sociale, sociétale devient trop souvent réalité. Et le gouvernement actuel pousse à une France droitière, dure, tous les jours plus intolérante, frileuse, nationaliste et suspicieuse. A nous, ensemble, de trouver les bons mots et les actions nouvelles : à chaque réunion, à chaque rencontre dans les quartiers, nous sommes étonnés du besoin d'échange de nos concitoyens. Nous avons "presque" tous compris que la crise allait changer notre rapport au développement, à la production, à la consommation. Nous avons "presque" tous compris que nos enfants devront allier racines, territoires et mobilité; qu'ils devront conjuguer emplois, métiers et formations. Nous avons "presque" tous compris que la confrontation des générations et des cultures permet des inventions, des créations dans quantité de domaines, sciences dures, sciences humaines, arts plastiques, musiques, architecture, politique.

Il nous faut donc trouver des chemins nouveaux : les associations, les collectifs, les syndicats, notre parti politique sont cette force. A nous de susciter, permettre, orchestrer, faire bénéficier et gérer le plus grand nombre des créations de chacune et chacun.

La droite au pouvoir n'a pas confiance en la société; alors la droite gouverne trop souvent contre la société. Un voeu : que la Région, à gauche, soit tous les jours plus l'un des principaux laboratoires de la démocratie au service du développement durable.

Bonne année à toutes et à tous!