A propos de la venue de M. Besson à Marseille, le 15 janvier prochain
Par marianne le lundi 11 janvier 2010, 21:51 - Actualités - Lien permanent
A l'occasion de la venue de M.
besson pour un débat sur "l'identité nationale", débat auquel je n'ai aucune
intention de me rendre, comme l'indiquent mes engagements et signatures, je
vous fais part de quelques réflexions, qui devaient alimenter un débat dans une
réunion militante, fin novembre 2009.
Il était particulièrement difficile de proposer des éléments méthodologiques et argumentaires sur le sujet soulevé par le gouvernement. Si répondre à la question de l’identité nationale eut été faire le jeu de Sarkozy, amorcer des questionnements et des propositions en termes de Solidarité pour les populations résidant sur le territoire est bien de notre rôle politique.
S’il n’est guère envisageable de laisser la droite parler seule, suite au questionnement du gouvernement Sarkozy,
Si les femmes et les hommes ne se posent pas cette question, parce que non inquiets sur leur identité (cf sondage Tns-Sofres pour la Croix, Les Français et l'identité nationale , 17-18 novembre 2009)
Si les français ne sont pas dupes de la manipulation de ce même gouvernement à 4 mois des régionales (cf sondage Ifop pour le JDD : pour une majorité de Français (72 %) le débat sur l'identité nationale voulu par le gouvernement constitue avant tout "une stratégie pour gagner les élections régionales"),
Comment déplacer la question?
- l’identité pose la question de notre rapport à l’autre: c’est l’acceptation de nos différences qui permet notre identité, nos identités. Nous nous définissons dans et vis à vis de groupes sociaux. L’idée d’enfermement par la définition d’une identité unique (et stigmatisante) ne peut que conduire à la construction de murs et de barrières, et donc, conduire au communautarisme. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette problématique: au contraire, la notion de citoyen permet à chacune et chacun, dans le souci de la République et de la Laïcité, de se reconnaître dans différents groupes et sans exclusion.
- La nation, née d’une Histoire longue, a pris la forme que nous lui connaissons (avec évolutions!) au moment de la Révolution Française; confirmée et largement enrichée par le Conseil National de la Résistance. Mais nécessité de se souvenir que plusieurs de nos pays voisins ne se sont constitués en nation qu’à la fin du XIXème siècle, renforçant de part leur histoire propre une décentralisation du pouvoir et une force particulière aux «régions». Egalement se souvenir que plusieurs pays d’Europe, également nations, ne sont pas républicains, mais se reconnaissent autour d’une tête couronnée.
D’où l’importance de la notion de citoyenneté, qui se définit avec:
- la référence à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (sans oublier la femme!)
- L’ensemble des valeurs républicaines réunies sous notre bannière «liberté, Egalité, Fraternité»
- La langue commune, qui n’exclut pas les langues régionales, mais agit comme vecteur essentiel de communication entre toutes et tous
- La laïcité, qui permet le respect de la séparation entre vie publique et vie privée
- Les services publics, permettant une égalité de traitement sur l’ensemble du territoire, avec une peréquation des coûts et le souci de l’aménagement du territoire ou corrolaire les droits à l’enseignement, au logement, à la santé, la justice, la sureté;
- L’impôt, comme participation de chacun à la construction du vivre ensemble.
Nous affirmons, une fois encore, l’Importance de la déclinaison de la notion de démocratie, avec :
- L’acceptation commune des contre-pouvoirs (conseils locaux, associations, syndicats, collectifs...)
- L’organisation et la prise en compte des débats sur des questions d’intérêt général, avec, entre autre, la Commission des Débats Pubics
- La participation à la démocratie représentative (les élections nationales et locales)
- La participation démocratique aux grands enjeux économiques, industriels, énergétiques , environnementaux;
- L’organisation humanisée, indépendante et interdépendante des différents échelons de la proximité, des différentes collectivités territoriales.
- La participation à l’effort de développement durable économique, dans le respect des droits et devoirs individuels et collectifs, dans le respect pour des citoyens d’aujourd’hui , des populations de demain, et celles de l’ensemble de la planète.
Le nationalisme, la discrimination, la xénophobie, le communautarisme sont des questions identitaires relevant de l’Emotion, pouvant aboutir à des dérives ou conduites d’exclusion, de rejet, de rupture démocratique, engendrant des positions politiques de droite ou d’extrême-droite.
Posons-nous les questions politiques:
- Qu’être et comment être citoyen, citoyen de notre pays, bi-national, citoyen d’Europe, citoyen du monde
- Comment pouvons-nous décliner le «vivre ensemble»