Travailler SUR et A la démocratie
Par marianne le dimanche 13 novembre 2011, 21:45 - Actualités - Lien permanent
De retour de deux journées de travail
sur les questions d'Agenda 21 et de participation des citoyens à la décision
permettent que nous nous posions de nombreuses questions sur la
démocratie.
Le droit de vote est, pour tous un premier pas pour la démocratie, pas qu'il ne
nous a pas été donné de faire, pour nous femmes de France, depuis si longtemps.
mais nous voyons bien que désormais, plus personne de peut se contenter d'une
démocratie représentative, celle qui délègue à celles et ceux que nous élisons,
fussent-ils de notre même famille de pensée, fussent-ils particulièrement
avertis et brillants, le pouvoir de négocier et de décider des choix de vie, de
la nôtre, de celle de nos concitoyens, et plus largement de celle des hommes de
la planète.
Une autre forme de la démocratie est celle qui s'exerce au travers de tiers,
les syndicats, les partis politiques, les associations, les acteurs de la
société civile. Notre pays, tout au long du XXème siècle et plus
particulièrement durant la période des années de grande prospérité 1960 - 2000,
a pu employer ce système de gouvernance au travers de la "participation", de
manière plus ou moins large et approfondie, parfois bien mal tolérée, mais
permettant l'expression de contre-pouvoirs légitimés par des adhérents.
Le raidissement des sociétés, leur droitisation, le renforcement du pouvoir
économique et de la finance ont fait reémerger des envies de démocratie
directe, celle d'Athènes; mais que notre société est loin de la société
athénienne qui, souvenons-nous, était composée non seulement d'Athéniens mais
également de nombreux esclaves. Les traductions de cette forme de démocratie
ont pu être l'autogestion (dans le monde économique et dans les petites
communautés) ou le référendum : le risque essentiel étant le discours
démagogique, la prise de pouvoir par le pouvoir de la parole ou du
sachant.
Le développement durable repose fortement la question de la démocratie. Issu
des mouvements autogestionnaires développés à Porto Alegre, il nous interroge
sur les modes de gouvernance qui permettront de trouver un consensus entre
forces économiques, forces sociales et forces écologiques. Employer la
concertation comme mode de gouvernance permet à chacune des parties,
généralement bien organisées, d'être mieux informée et de faire part de son
avis; lequel est entendu par le décideur qui en tient compte ou non : le
"débat public" en est une belle expression, selon la convention d'Aarhus
(Danemark), signée le 25 juin 1998. Qu'il s'agisse de débats sur l'EPR, sur les
lignes de THT, sur le développement de LGV, ils ont été riches, très documentés
et ont obligé à des modifications plus ou moins fondamentales dans les
projets.
Mais le développement durable oblige, également, à repartir du local et le
citoyen désire chaque jour davantage à y devenir acteur. Au travers du monde
associatif ou syndical, au travers d'organismes représentatifs, il peut se
faire entendre sur des sujets chaque jour plus étendus, mais pouvant également
être proches et en tous cas ayant trait au cadre de vie et à la quotidienneté.
la question, alors est de savoir où s'arrête la démocratie locale si elle doit
être arrêtée et quel est l'intérêt de l'arrêter. Si l'on ne veut pas être
confronté au "pas dans mon jardin", peut-on s'arrêter à l'information, sans
doute pas puisque toutes les forces repartent sachant mais sans doute pas
satisfaites individuellement. Peut-on s'arrêter à la concertation, celle qui
permet plus largement à chacun d'exprimer son point de vue, sachant que la
décision sera prise après adaptation et en toute connaissance de cause.
Si le mot démocratie veut dire entre autre émancipation et autonomie de la
pensée, alors l'outil Agenda 21 au service du Développement durable territorial
doit nous obliger à aller plus loin que la concertation, aller vers la
co-construction : un exercice qui permet de partager un point de départ,
d'établir ensemble une stratégie pour un développement territorial durable,
partager des indicateurs d'évaluation et une obligation d'amélioration
continue; tout ceci devant être traduit concrètement par les techniciens dans
des plans d'actions opérationnels. C'est donc bien ensemble que l'on établit
une stratégie politique et les outils pour la revisiter, les techniciens
apportant leur savoir faire.
Plutôt que de se mettre autour de la table et d'examiner le projet
apporté par les politiques et/ou les techniciens, quite à le modifier à la
marge, la démocratie comme composante incontournable du Développement Durable,
n'est ce pas plutôt se mettre autour de la table en amont du projet,
co-élaborer, co-construire, co-évaluer pour arriver à un consensus
vrai?
S'il est urgent de poursuivre la réflexion, il est aussi urgent de prendre un
bon départ et donc agir ensemble dès l'amont de nos choix.