Bien sûr, on peut se sentir
mal à l'aise devant des personnes qui "font la manche" ou simplement devant des
personnes qui n'ont de gîte que la rue.
Bien sûr, on peut se sentir mal à l'aise devant des personnes qui n'ont pas les
mêmes valeurs esthétiques et comportementales que nous.
Bien sûr, on peut se sentir mal à l'aise devant des groupes de personnes qui
n'ont pas les mêmes codes que nous. Bien sûr, on peut se sentir mal à
l'aise...
la liste pourrait être longue, poursuivre avec la maladie, la langue, le
handicap physique, la couleur de peau, le handicap mental, la vieillesse, la
folie, ..., la différence tout simplement
Bien sûr que la question n'est pas simple et elle l'est d'autant moins que la
société vise à l'uniformisation, à la standardisation des personnes comme de
leur comportement.
Le maire de Marseille a pris, il y a peu, un arrêté anti-mendicité, un arrêté
qui pénaliserait d'une amende de 38€ l'individu(e) qui tend la main pour
quelques centimes. J'aime les villes belles, je souhaite que, pour ses
habitants, pour tous les passant(e)s, pour moi-même, la ville que j'habite et
que j'essaie de servir le mieux possible, embellisse, qu'elle soit plus propre,
plus accueillante, plus conviviale, plus sûre.
Comment exiger une amende à celles et ceux qui, par drame social ou familial ou
ceux qui ont fait le choix de dire non à une certaine forme de société basée
sur l'argent? N'est ce pas ne rien comprendre à celles et ceux qui ont choisi
ou ont été jetés à la rue, et qui se retrouvent sans le sou.
Qui donc peut imaginer qu'une amende et l'expulsion du centre ville des plus
pauvres va rendre la ville clean
. Celles et ceux qui pensent cela,
sont-ils allés voir ailleurs afin d'étudier des solutions respectant les
personnes, proposant des solutions dignes, alternatives à la rue.
Notre ville et ses habitants éprouvent un grand malaise : ils voient
Marseille, ville bouillonnante, pleine de charme, si portuaire, si paupérisée
en même temps que si différente des autres villes d'Europe. Et ils se comparent
à ces villes du Nord, où l'on vit dans les maisons, où l'extérieur est surtout
un lieu de passage. Et à force de se comparer, à force d'imiter, on oublie que
la ville et la vie sociale, ce sont des moments de convivialité, des espaces
partagés, des plaisirs de rencontres: notre ville se construit sans places ni
espaces publics. Le foncier est cher, alors il faut gagner le maximum de
surfaces, mais qu'en sera-t-il des modes de vie, de la socialisation et de la
citoyenneté par la vie en société? Qu'en sera-t-il de cette société, si elle
n'est que des individus, anonymes, côte à côte allant de la maison au travail,
à la superette, recherchant les services au public, puisqu'il n'y a plus de
services publics.
Il est temps de réfléchir à d'autres solutions que l'exclusion comme seule
réponse à l'incivilité, à l'insécurité. Nous avons toutes et tous droit au
respect et à la sécurité, cela comprend de la répression, mais également de
l'éducation, de la vigilance, de la prévention, des emplois.
C'est juste un coup de gueule car aujourd'hui, trop, c'est trop. Et tellement
inefficace et inapplicable.
Et après, tristesse, car comment peut-on avoir des recettes aussi simplistes
qu'inefficaces. Il est urgent de se remettre à croire en l'Homme, et de
rechercher des solutions ensemble, pas en clivant.
Tag - Marseille
lundi 24 octobre 2011
trop c'est trop! Et inefficace
Par marianne le lundi 24 octobre 2011, 23:06 - Actualités
lundi 17 octobre 2011
Plan Local d'Urbanisme à Marseille : intervention en Conseil Municipal
Par marianne le lundi 17 octobre 2011, 23:02 - Territoires
Après une
"grosse fatigue", reprenons notre effort d'écriture car qu'il s'agisse de
politique locale ou de politique nationale, les enjeux sont trop importants
pour ne pas essayer d'en débattre, sur le fond.
Ce matin, un Conseil Municipal, souvent orageux, en tous cas agressif, alors
que des sujets majeurs étaient abordés, importants pour notre ville et pour
toutes les habitantes et habitants.
Ci dessous, mon intervention sur le Projet d'Aménagement et de Développement
Durable, préalable au plan Local d'urbanisme, prospective pour la ville pour
les 20 années à venir : débat obligatoire selon les prescriptions de
l'Etat, ce qui s'est traduit par 2 prises de parole de l'opposition, dont la
mienne. Et rien de plus.
Quelle parodie de débat! quelle démocratie!
lundi 7 février 2011
Conseil Municipal, le 7 février 2011 - comment M. Mariani oublie qu'il a été candidat à la présidence de la région. Comment le gouvernement oublie le Sud de la France et Marseille. Comment le gouvernement privilégie la route au rail et au fluvial
Par marianne le lundi 7 février 2011, 21:30 - Actualités
Monsieur le
Maire et chers collègues,
En cette fin de Conseil Municipal, permettez que nous nous réjouissions de l’intérêt que porte la ville aujourd’hui au projet de Schéma national des Infrastructures de transports.
Le projet européen, tel que exposé sur cartes semble avoir négligé tout l’Ouest européen, et totalement oublié le Sud européen. Et ce n’est pas qu’une question de rééquilibrage Est - Ouest.
Paris et le gouvernement ont souhaité revoir ce projet européen, mais une fois de plus, notre ville et notre région ont été oubliées, sauf en matière de LGV. Mais LGV veut dire voyageurs, sans doute tourisme ; notre ville, notre région ne vivent-elles que de tourisme : ce n’est pas l’avis de cette assemblée, je crois.
Qu’en est-il du transport du fret ? Qu’il s’agisse des liaisons Sud – Nord, depuis le Grand Port Maritime de Marseille jusque vers le nord de l’Europe et le Nord de l’Italie, qu’il s’agisse des liaisons Ouest – Est, de Lisbonne à Milan et plus loin, qu’est-il proposé au fret sinon des autoroutes avec l’aménagement de « barreaux » ; autre proposition des Parisiens, le passage par Lyon, alors que nous savons que le couloir rhodanien ferré est déjà en limite de saturation !
Depuis combien de temps défendons-nous la percée du Montgenèvre pour le rail, une réalisation qui désenclavera les départements alpins, qui assurera des débouchés pour le port de Marseille, qui participera de la sécurité énergétique de la région : M. le Ministre des Transports semble avoir oublié qu’il avait été candidat aux régionales. Préférer le rail à la route, c’est choisir l’avenir, c’est aussi choisir de protéger un ensemble de régions déjà fragilisées sur le plan du développement durable. Et s’il est répondu qu’il s’agit des couts d’investissement, parlons investissement + fonctionnement à long terme ; et allons voir comment nos voisins helvètes ont financé le tunnel du Saint Gothard par une vignette poids lourds.
Il est urgent d’avoir de l’ambition pour notre ville et pour le sud de l’Europe. Le groupe Faire Gagner Marseille a la conviction que c’est par un travail commun des villes, métropoles, départements et régions de l’Arc Latin que les liaisons de demain dans le Sud européen, propres, économes et répondant aux nécessités de mobilité pourront prendre toute la place qui leur revient et permettre un développement économique harmonieux et équilibré.
lundi 6 décembre 2010
mon intervention face à la politique de logement de la municipalité en place
Par marianne le lundi 6 décembre 2010, 21:09 - Actualités
M. le Maire,
Chers collègues,
Les prix de l’immobilier sont, depuis plusieurs mois, en forte hausse dans la plupart des grandes villes. Certains responsables semblent s’en satisfaire car cette hausse serait le signe de la reprise économique. Pour beaucoup d’autres, dont je fais partie, cette hausse (loyers ou prix de vente), estimée entre 2,64 et 8% pour l’année écoulée pour Marseille, est purement spéculative et elle est lourde de menaces, d’abord pour notre économie (observons l’incidence négative de la bulle immobilière chez nos voisins), ensuite pour toutes celles et ceux qui croient que le droit au logement fait partie des droits de l’Homme fondamentaux, ce que je pense que nous partageons tous dans cet hémicycle. Les loyers du parc locatif privé augmentent, les charges avec. Celles et ceux qui souhaitent acquérir un logement s’endettent lourdement. Le niveau actuel des prix, avec une moyenne de 2700€ le m2, rend inaccessible l’achat d’un logement pour un nombre de plus en plus important de ménages et accentue les clivages sociaux. Et qu’en sera-t-il dans quelques années lorsqu’il faudra prévoir des travaux de copropriété : nous avons trop d’exemples de copropriétés dégradées, qui coutent cher aux collectivités.
Dans ce contexte, notre ville n’échappe pas à cette tendance et, après les classes modestes, ce sont aujourd’hui les classes moyennes qui éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver un logement adapté à leur souhait et à leurs moyens.
Après avoir largement favorisé le « laissez faire » et donc le logement plutôt « haut de gamme », votre municipalité s’est engagée depuis juillet 2006 dans une politique plus active et plus volontariste du logement. La communauté urbaine, depuis qu’elle est présidée par E. Caselli, vous a également incité à accentuer vos efforts en matière de production de logements bon marché. Mme Ghali, en lançant le 10 décembre prochain une démarche de révision du PLH s’y emploiera avec force, nous en sommes certains.
Dans le rapport qui nous est présenté, vous indiquez que le bilan qui peut être dressé depuis 4 ans est (je vous cite) « très encourageant ». Notre groupe a un avis beaucoup plus nuancé même si nous savons bien que la conjoncture actuelle ne favorise guère la production de logements adaptée aux besoins d’une grande partie des habitants de cette ville. Un rapide coup d’œil dans « le suivi des logements réalisés en 2009 » fait par l’AGAM nous montre que sur 4254 logements livrés pour 2009 (tous les programmes de 3 logements et plus), la production est particulièrement active dans 2 arrondissements : dans le 13ème avec 779 logements livrés et le 8ème 659. Mais bien peu de logements sociaux, surtout dans le 8ème ! Et qu’en est-il des équipements collectifs qui doivent aller de pair !
En matière d’accession, vous vous félicitez évidemment de la création du chèque premier logement (CPL), idée intéressante dispositif complexe, lourd et donc peu efficace. Et vous oubliez de préciser que vous visiez 2000 personnes par an et que c’est finalement moins de 1800 personnes sur 3 ans qui auront bénéficier de ce dispositif. Une économie pour la collectvité, mais un véritable échec pour ce dispositif !
Concernant la résorption de l’habitat indigne, comme cela a été dit dans une précédente intervention, le dispositif des PRI aura été particulièrement inefficace au vu de son coût pour la collectivité, mais vous semblez là aussi évoluer… Les intentions sont bonnes mais les moyens financiers et humains seront-ils à la hauteur ? Nous y serons particulièrement vigilants.
En matière de logements sociaux, si les chiffres sont en effet à la hausse (ce qui n’est pas difficile vu le peu d’efforts que vous aviez fait jusqu’en 2006…) remarquons pour l’information de cette assemblée que plus de 40% de ces logements sont des Prêts Locatifs Sociaux, donc des logements sociaux « loyers élevés », les loyers atteignant plus de 800 € pour un T4, un exemple datant de novembre 2010 : bd Mireille Lauze, T4 - 83 m² - 1er étage - avec chauffage électrique individuel pour 833.68 € TCC ; je rappelle que plus de 30 000 demandes sont en instance, et avec 1 smic ou même 2, de tels loyers sont inaccessibles. Il est urgent de produire des logements PLUS, et PLAI, correspondant à la demande.
D’autre part, vous poursuivez dans votre volonté de ne pas construire une ville soucieuse en tous quartiers de la richesse de la mixité sociale : 70% des logements sociaux sont construits dans les quartiers nord. Cette vision idéologique nous paraît vraiment dépassée alors que la crise économique touche chaque jour une part plus grande de la population. Et lorsque l’on ne trouve plus où se loger à Marseille, on s’expatrie dans les villes alentour, où le prix du foncier est moindre, mais qu’en est-il du plan climat de la ville et de votre volonté affichée de diminuer les émissions de gaz à Effet de Serre.
Votre équipe, avec l’aide des autres collectivités locales (MPM, le Conseil général, le Conseil Régional) a enfin mis en œuvre des programmes de rénovation urbaine d’envergure dans notre ville. La question du relogement temporaire des habitants reste évidemment complexe. Permettez qu’après le temps particulièrement long pour l’instruction des dossiers nous soyons très inquiets sur leurs financements vu la situation financière de l’ANRU et des principaux organismes HLM, je pense ici plus particulièrement à HMP dont la situation est très préoccupante. Sans parler de la nouvelle taxe instaurée par le gouvernement sur ces organismes, sans parler du livret A que le 1er ministre a rendu accessible à toutes les banques, sans parler de la volonté du gouvernement de restructurer autour de 3 ou 4 grands groupes les sociétés HLM…
Quant à votre paragraphe « grand centre ville », il conforte notre scepticisme précédemment exprimé sur une opération « communication » : une véritable ambition « grand centre ville, versus logement » mérite plus que 10 lignes en fin d’exposé.
Je sais bien que dans la plupart des grandes villes et quelque soient les efforts accomplis par les responsables locaux, la situation n’est pas satisfaisante. Bien évidemment nous n’attendons rien d’un gouvernement qui réduit d’année en année les aides au logement et au logement social.
Marseille a besoin de logements et non de mots, des logements pour chacun,
donc des logements en accession à la propriété, vous faites, des logements
sociaux PLS, vous acceptez d’en faire, mais pas partout, des logements très
sociaux, vous faites, un peu, contraints, dans des zones très délimitées ;
le groupe Faire Gagner Marseille dit urgence, urgence pour un urbanisme social
de la ville, urgence pour la paix sociale dans la ville. Monsieur le Maire,
vous vous alarmez de la situation explosive de notre ville, alors Mme
l’Adjointe, entreprenez une vraie politique de logement, ambitieuse, adaptée et
se projetant pour les 20 années à venir, celle dont Marseille et les
Marseillais ont véritablement besoin, celle qui pourra faire entrer notre ville
de plein pied dans le XXIème siècle. 
mercredi 24 février 2010
Pour que vivent les services publics de proximité, les mairies de secteur seront fermées le 25 février
Par marianne le mercredi 24 février 2010, 21:12 - Actualités
Communiqué de presse des 4 maires
de gauche de Marseille :
Journée de manifestation pour la survie de nos services publics de proximité
Le 25 février 2010, le Collectif des Maires de France « Sauvons nos communes » présidé par le Maire d’Allauch Roland POVINELLI et initié par une large majorité des Maires des Bouches-Du-Rhône, manifestera devant l’Assemblée Nationale pour protester contre le projet de réforme des collectivités territoriales.
Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreuses actions sont prévues, notamment une information massive des citoyens, la mobilisation des Maires sur les réunions organisées par le Préfet dans le département, des consultations citoyennes dans les communes et la fermeture de nombreuses Mairies. L’objectif étant de sensibiliser les citoyens à un projet de loi qui va mettre en danger l’action des communes, des départements et des régions pour l’éducation, la santé, les transports publics, la culture, l’aide sociale et la vie associative.
À Marseille, les Maires de secteur fermeront les bâtiments administratifs de leurs Mairies jeudi 25 février toute la journée. Patrick MENNUCCI (1er secteur), Lisette NARDUCCI (2ème secteur), Garo HOVSEPIAN (7ème secteur) et Samia GHALI (8ème secteur), se rendront en Mairie des 13 et 14ème arrondissements ce même jour à 10h à la Bastide Saint-Joseph (72 rue Paul Coxe, 14ème) avec le «Collectif Sauvons nos Mairies».
En dépit de la mobilisation importante de très nombreux élus locaux et malgré les nombreuses critiques dans les rangs de la majorité, le gouvernement maintient ses projets dangereux pour l’organisation territoriale et les finances locales. Il recentralise et étouffe financièrement les collectivités, il augmente l’injustice sociale et les inégalités territoriales. Il est donc crucial de continuer à se mobiliser et d’amplifier nos actions.
Patrick MENNUCCI, Lisette NARDUCCI, Garo HOVSEPIAN, Samia GHALI.
« billets précédents - page 1 de 3