Marianne Moukomel, le blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 6 décembre 2010

mon intervention face à la politique de logement de la municipalité en place

mairie M. le Maire, Chers collègues,

Les prix de l’immobilier sont, depuis plusieurs mois, en forte hausse dans la plupart des grandes villes. Certains responsables semblent s’en satisfaire car cette hausse serait le signe de la reprise économique. Pour beaucoup d’autres, dont je fais partie, cette hausse (loyers ou prix de vente), estimée entre 2,64 et 8% pour l’année écoulée pour Marseille, est purement spéculative et elle est lourde de menaces, d’abord pour notre économie (observons l’incidence négative de la bulle immobilière chez nos voisins), ensuite pour toutes celles et ceux qui croient que le droit au logement fait partie des droits de l’Homme fondamentaux, ce que je pense que nous partageons tous dans cet hémicycle. Les loyers du parc locatif privé augmentent, les charges avec. Celles et ceux qui souhaitent acquérir un logement s’endettent lourdement. Le niveau actuel des prix, avec une moyenne de 2700€ le m2, rend inaccessible l’achat d’un logement pour un nombre de plus en plus important de ménages et accentue les clivages sociaux. Et qu’en sera-t-il dans quelques années lorsqu’il faudra prévoir des travaux de copropriété : nous avons trop d’exemples de copropriétés dégradées, qui coutent cher aux collectivités.

Dans ce contexte, notre ville n’échappe pas à cette tendance et, après les classes modestes, ce sont aujourd’hui les classes moyennes qui éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver un logement adapté à leur souhait et à leurs moyens.

Après avoir largement favorisé le « laissez faire » et donc le logement plutôt « haut de gamme », votre municipalité s’est engagée depuis juillet 2006 dans une politique plus active et plus volontariste du logement. La communauté urbaine, depuis qu’elle est présidée par E. Caselli, vous a également incité à accentuer vos efforts en matière de production de logements bon marché. Mme Ghali, en lançant le 10 décembre prochain une démarche de révision du PLH s’y emploiera avec force, nous en sommes certains.

Dans le rapport qui nous est présenté, vous indiquez que le bilan qui peut être dressé depuis 4 ans est (je vous cite) « très encourageant ». Notre groupe a un avis beaucoup plus nuancé même si nous savons bien que la conjoncture actuelle ne favorise guère la production de logements adaptée aux besoins d’une grande partie des habitants de cette ville. Un rapide coup d’œil dans « le suivi des logements réalisés en 2009 » fait par l’AGAM nous montre que sur 4254 logements livrés pour 2009 (tous les programmes de 3 logements et plus), la production est particulièrement active dans 2 arrondissements : dans le 13ème avec 779 logements livrés et le 8ème 659. Mais bien peu de logements sociaux, surtout dans le 8ème ! Et qu’en est-il des équipements collectifs qui doivent aller de pair !

En matière d’accession, vous vous félicitez évidemment de la création du chèque premier logement (CPL), idée intéressante dispositif complexe, lourd et donc peu efficace. Et vous oubliez de préciser que vous visiez 2000 personnes par an et que c’est finalement moins de 1800 personnes sur 3 ans qui auront bénéficier de ce dispositif. Une économie pour la collectvité, mais un véritable échec pour ce dispositif !

Concernant la résorption de l’habitat indigne, comme cela a été dit dans une précédente intervention, le dispositif des PRI aura été particulièrement inefficace au vu de son coût pour la collectivité, mais vous semblez là aussi évoluer… Les intentions sont bonnes mais les moyens financiers et humains seront-ils à la hauteur ? Nous y serons particulièrement vigilants.

En matière de logements sociaux, si les chiffres sont en effet à la hausse (ce qui n’est pas difficile vu le peu d’efforts que vous aviez fait jusqu’en 2006…) remarquons pour l’information de cette assemblée que plus de 40% de ces logements sont des Prêts Locatifs Sociaux, donc des logements sociaux « loyers élevés », les loyers atteignant plus de 800 € pour un T4, un exemple datant de novembre 2010 : bd Mireille Lauze, T4 - 83 m² - 1er étage - avec chauffage électrique individuel pour 833.68 € TCC ; je rappelle que plus de 30 000 demandes sont en instance, et avec 1 smic ou même 2, de tels loyers sont inaccessibles. Il est urgent de produire des logements PLUS, et PLAI, correspondant à la demande.

D’autre part, vous poursuivez dans votre volonté de ne pas construire une ville soucieuse en tous quartiers de la richesse de la mixité sociale : 70% des logements sociaux sont construits dans les quartiers nord. Cette vision idéologique nous paraît vraiment dépassée alors que la crise économique touche chaque jour une part plus grande de la population. Et lorsque l’on ne trouve plus où se loger à Marseille, on s’expatrie dans les villes alentour, où le prix du foncier est moindre, mais qu’en est-il du plan climat de la ville et de votre volonté affichée de diminuer les émissions de gaz à Effet de Serre.

Votre équipe, avec l’aide des autres collectivités locales (MPM, le Conseil général, le Conseil Régional) a enfin mis en œuvre des programmes de rénovation urbaine d’envergure dans notre ville. La question du relogement temporaire des habitants reste évidemment complexe. Permettez qu’après le temps particulièrement long pour l’instruction des dossiers nous soyons très inquiets sur leurs financements vu la situation financière de l’ANRU et des principaux organismes HLM, je pense ici plus particulièrement à HMP dont la situation est très préoccupante. Sans parler de la nouvelle taxe instaurée par le gouvernement sur ces organismes, sans parler du livret A que le 1er ministre a rendu accessible à toutes les banques, sans parler de la volonté du gouvernement de restructurer autour de 3 ou 4 grands groupes les sociétés HLM…

Quant à votre paragraphe « grand centre ville », il conforte notre scepticisme précédemment exprimé sur une opération « communication » : une véritable ambition « grand centre ville, versus logement » mérite plus que 10 lignes en fin d’exposé.

Je sais bien que dans la plupart des grandes villes et quelque soient les efforts accomplis par les responsables locaux, la situation n’est pas satisfaisante. Bien évidemment nous n’attendons rien d’un gouvernement qui réduit d’année en année les aides au logement et au logement social.

Marseille a besoin de logements et non de mots, des logements pour chacun, donc des logements en accession à la propriété, vous faites, des logements sociaux PLS, vous acceptez d’en faire, mais pas partout, des logements très sociaux, vous faites, un peu, contraints, dans des zones très délimitées ; le groupe Faire Gagner Marseille dit urgence, urgence pour un urbanisme social de la ville, urgence pour la paix sociale dans la ville. Monsieur le Maire, vous vous alarmez de la situation explosive de notre ville, alors Mme l’Adjointe, entreprenez une vraie politique de logement, ambitieuse, adaptée et se projetant pour les 20 années à venir, celle dont Marseille et les Marseillais ont véritablement besoin, celle qui pourra faire entrer notre ville de plein pied dans le XXIème siècle. la rue de la republique

lundi 9 novembre 2009

Le ruban blanc

ruban blanc Comment ne pas dire l'émotion que j'ai ressentie tout au long du film "le ruban blanc" de Michael Haneke, qui a été primé à Cannes : la vie dans un village protestant allemand, à la veille de la 1ère guerre mondiale, sans doute en Prusse orientale. Des images, des prises de vue sobres mais très belles, pleines de références et de sens. Un frisson à l'idée qu'il s'agit de la description de familles, d'un village ordinaire, il y a tout juste un siècle en arrière, mais prémonitoire de ce qui se passera 30 ans plus tard.

Vraiment, un film à ne rater sous aucun prétexte.

samedi 7 novembre 2009

Michel Vauzelle, la Poste, les services publics, les droits des citoyens

boite_aux_lettres_pos_9927d.jpgRéunion ce mercredi 4 novembre 2009 aux Docks du Sud sur le devenir de la Poste: de nombreux postiers, de tous syndicats, des citoyens, des représentants des partis politiques de Gauche et Extrême-Gauche, des élus locaux et 3 parlementaires,Sylvie ANDRIEUX, Henri JIBRAYEL et Michel VAUZELLE, initiateur d'une vaste pétition pour l'inscription des Services Publics dans la Constitution. __ Car la Poste, nous y tenons tous, Service Public de communication pour tous et où que nous soyons, lien social entre les habitants, facteur d'aménagement du territoire, patrimoine de notre pays. Et nous aurions vite fait de subir tous les dysfonctionnements dûs à une privatisation, au nom du seul service au__ public, comme chez quelques voisins.

Regardons les choses en face. Nous ne recevons plus guère ces belles lettres qui pouvaient nous remplir de joie, des heures durant; par contre nous recevons encore, nombre de factures, de documents administratifs, toutes choses moins plaisantes mais nécessaires; sauf que là aussi, le flux de la communication risque bien de rapidement changer de support : combien de fois nous pose-t-on la question de nous faire parvenir telle ou telle facture par internet... Mais qu'internet n'est pas encore obligatoire, nombre de personnes agées n'ont pas été formées à son utilisation, d'autres, plus jeunes et pas très chanceuses dans la vie n'y ont pas accès !

Et puis il y a le service des colis et des mandats, si chers à nos vies quotidiennes. Pouvons-nous imaginer qu'une entreprise de transport fournira un service identique, à coût égal, quelque soit la distance parcourue, le temps écoulé, l'emplacement sur le territoire.

N'oublions pas non plus toutes celles et ceux qui n'ont d'autre banque que la banque postale, pour leur retraite, leur assurance maladie, leurs allocations familiales : leur faudrait-il choisir, obligatoirement, un établissement bancaire, plus onéreux, plus exigeant, moins dans la proximité.

Mais ne s'agit-il que du service public de la Poste? Qu'en est-il de l'enseignement, de la santé, les transports en commun? Les questions ne risquent-elles pas de se poser de manière similaire si nous n'y prenons garde? Si le sens de notre action est de remettre l'Homme et la Femme au centre, si nos actions sont pour un mieux-vivre de chacun et de tous, si nous souhaitons donner une nouvelle vie aux droits inaliénables de la population, alors nous devrons INVENTER des structures proches des populations, ancrées dans le territoire, avec des politiques sécurisantes pour le personnel permettant une bonne écoute, un bon service de proximité; c'est sans doute un exercice de démocratie dont nous ne pourrons longtemps nous dispenser.

J'aime à dire que nous avons fait (pas seuls) le France, Concorde, le Jeanne d'Arc, nous avons fait le TGV. Nous aimons les réalisations grandioses, qui nous dépassent parfois, mais nous oublions aussi, trop souvent la proximité, les pays, les GENS.

Penser global, agir local, cela s'adresse aussi aux Services Publics, à la Poste, à l'éducation nationale, à la santé... A nous d'inventer.

vendredi 23 octobre 2009

Consommateur responsable, Consomm'acteur

lait équitable 1De nombreux agriculteurs voient leurs revenus s'effondrer. De nombreux commerces de proximité peinent à se maintenir en milieu urbain; De nombreux citoyens bouclent de plus en plus difficilement leur budget; Comment participer à la résolution de cette équation?

Lire la suite...

mercredi 2 septembre 2009

LA FAMILLE SANTOS EST REGULARISEE !!

déclaration des droits de l'hommeje ne résiste pas au plaisir de vous annoncer cette bonne nouvelle pour la famille Santos, elle a été régularisée. Absurdité et arbitraire de l'administration.

communiqué de presse de RESF :

''Une mobilisation exemplaire où les militant-es (individuels et associatifs) se sont acharnés nuit et jour pour arracher la libération de la petite Véa et de ses parents, puis leur régularisation (énorme travail de dossier, manifestations quotidiennes à Marseille et à Nice, multiples courriers et démarches, soutien amical à la famille, etc…).

Parti du 13 et du 06, le mouvement a gagné toute la France en quelques jours, a harcelé préfecture, ministre, Elysée, a convaincu les médias de la justesse du combat et de la détermination des citoyen-nes, a fait appel à la Défenseure des enfants, a poussé les élu-es à se déterminer face à ce déni de justice (même si certains se sont réveillés bien tard…), a incité l’avocat à s’impliquer activement dans ce dossier, etc…

Et, ô miracle, la préfecture s’aperçoit que leur dossier était « complet » !!!

C’est donc une victoire collective de la conscience et de la citoyenneté. Mais elle n’est que très partielle : beaucoup d’autres familles sont dans la même situation ; leur régularisation devrait être automatique selon la loi et ne devrait pas nécessiter une telle lutte.

Nous n’abandonnerons pas ces familles qui vivent et travaillent parmi nous depuis des années, qui enrichissent la société française, dont les enfants sont scolarisés. Ce sont nos voisins, nos amis, nos camarades de classe ; nous sommes à leurs côtés.

''

- page 1 de 2