Marianne Moukomel, le blog

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Tag - aménagement du territoire

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lundi 17 octobre 2011

Plan Local d'Urbanisme à Marseille : intervention en Conseil Municipal

mairieAprès une "grosse fatigue", reprenons notre effort d'écriture car qu'il s'agisse de politique locale ou de politique nationale, les enjeux sont trop importants pour ne pas essayer d'en débattre, sur le fond.
Ce matin, un Conseil Municipal, souvent orageux, en tous cas agressif, alors que des sujets majeurs étaient abordés, importants pour notre ville et pour toutes les habitantes et habitants.
Ci dessous, mon intervention sur le Projet d'Aménagement et de Développement Durable, préalable au plan Local d'urbanisme, prospective pour la ville pour les 20 années à venir : débat obligatoire selon les prescriptions de l'Etat, ce qui s'est traduit par 2 prises de parole de l'opposition, dont la mienne. Et rien de plus.

Quelle parodie de débat! quelle démocratie!

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lundi 7 février 2011

Conseil Municipal, le 7 février 2011 - comment M. Mariani oublie qu'il a été candidat à la présidence de la région. Comment le gouvernement oublie le Sud de la France et Marseille. Comment le gouvernement privilégie la route au rail et au fluvial

mairieMonsieur le Maire et chers collègues,

En cette fin de Conseil Municipal, permettez que nous nous réjouissions de l’intérêt que porte la ville aujourd’hui au projet de Schéma national des Infrastructures de transports.

Le projet européen, tel que exposé sur cartes semble avoir négligé tout l’Ouest européen, et totalement oublié le Sud européen. Et ce n’est pas qu’une question de rééquilibrage Est - Ouest.

Paris et le gouvernement ont souhaité revoir ce projet européen, mais une fois de plus, notre ville et notre région ont été oubliées, sauf en matière de LGV. Mais LGV veut dire voyageurs, sans doute tourisme ; notre ville, notre région ne vivent-elles que de tourisme : ce n’est pas l’avis de cette assemblée, je crois.

Qu’en est-il du transport du fret ? Qu’il s’agisse des liaisons Sud – Nord, depuis le Grand Port Maritime de Marseille jusque vers le nord de l’Europe et le Nord de l’Italie, qu’il s’agisse des liaisons Ouest – Est, de Lisbonne à Milan et plus loin, qu’est-il proposé au fret sinon des autoroutes avec l’aménagement de « barreaux » ; autre proposition des Parisiens, le passage par Lyon, alors que nous savons que le couloir rhodanien ferré est déjà en limite de saturation !

Depuis combien de temps défendons-nous la percée du Montgenèvre pour le rail, une réalisation qui désenclavera les départements alpins, qui assurera des débouchés pour le port de Marseille, qui participera de la sécurité énergétique de la région : M. le Ministre des Transports semble avoir oublié qu’il avait été candidat aux régionales. Préférer le rail à la route, c’est choisir l’avenir, c’est aussi choisir de protéger un ensemble de régions déjà fragilisées sur le plan du développement durable. Et s’il est répondu qu’il s’agit des couts d’investissement, parlons investissement + fonctionnement à long terme ; et allons voir comment nos voisins helvètes ont financé le tunnel du Saint Gothard par une vignette poids lourds.

Il est urgent d’avoir de l’ambition pour notre ville et pour le sud de l’Europe. Le groupe Faire Gagner Marseille a la conviction que c’est par un travail commun des villes, métropoles, départements et régions de l’Arc Latin que les liaisons de demain dans le Sud européen, propres, économes et répondant aux nécessités de mobilité pourront prendre toute la place qui leur revient et permettre un développement économique harmonieux et équilibré.

jeudi 4 mars 2010

Pas d'hélicoptères sans acier - Pas d'EADS sans Arcelor-Mittal

arcelor mittalUne visite au Comité d’entreprise d’Arcelor-Mittal, sur la zone de Fos-sur-Mer m’a donné l’occasion de m’interroger à plus d’un titre.

Les questions directement abordées avec les salariés ont touché deux domaines immédiats, celui de l’emploi aujourd’hui, et celui de la pérennité de l’unité sur ce site.

Concernant l’emploi :

o Aujourd’hui, les salariés ont été contraints d’épuiser tous leurs congés, leurs RTT et ensuite, ont été mis en chômage technique sur 5 journées au cours du dernier trimestre.

o Le nombre de départs volontaires non remplacés a entrainé ces dernières années des réductions de personnel très importantes, près de la moitié, se répercutant sur l’offre d’emploi sur le bassin de Fos. Départs à la retraite se situant vers 57 ans, à mettre en relation avec la grande pénibilité du travail des sidérurgistes.

o Cette réduction du personnel a entrainé simultanément une baisse dans l’emploi des sous-traitants, dont le nombre a diminué très vite, de prés de la moitié, entrainant là encore une augmentation du chômage sur tout ce bassin d’emplois, essentiellement industriel.

o Autre conséquence et non des moindres : les pertes de compétence et l’absence de transmission du savoir, alors qu’elles ont fait le fleuron de l’entreprise Arcelor.

o Enfin, actuellement, 20% des personnes travaillant sur le site sont des intérimaires, rendant la encore la question de la pérennité du site plus d’actualité.

o Le seuil plancher du personnel est de 3000, plus les sous-traitants, passés de 2200 à 1100 : on est actuellement à ce seuil plancher.

o En 2009, ce sont 549 personnes qui ont fait l’objet de départ volontaire, remplacés par 70 nouveaux CDI en cours d’embauche, et des intérimaires, certes souvent aussi compétents que les CDI, mais précarisés.

Concernant l’investissement du groupe sur le site de Fos :

o un haut fourneau avait été refait, alors que le groupe était encore celui d’Arcelor

o le deuxième haut fourneau, qui nécessite également une rénovation complète, d’un coût de près de 90 millions d’euros, n’a fait l’objet à, ce jour, d’investissements que de l’ordre de 6 millions d’euros, pour de la simple réfection et maintenance. Ce deuxième haut fourneau « rouvrira », aux dires de la direction.

o sans garantie sur les investissements, le personnel doute largement de cette affirmation de la direction du groupe. Pour l’instant les investissements relèvent plus du curatif, mais pas de la remise à neuf globale de l’outil de travail, et donc, aujourd’hui il n’est pas question de réouverture du 2ème haut fourneau. Il faut se rappeler que la réfection d’un haut fourneau n’entraîne jamais de mise à pied pour le personnel.

J’aurais bien envie de poser quelques questions, alors même que j’ai bien conscience de la complexité de ce sujet.

Dans un cadre de mondialisation, les craintes des salariés, à savoir la délocalisation des sites européens ou sur le Pakistan, ne sont-elles pas fondées ?

60 % de l’acier est actuellement produit en Chine. Quid de l‘indépendance de la France, de l’Europe ? Aujourd’hui il reste 3 sites en France : Gondrange, si tristement célèbre par les évitements du président de la République vis-à-vis des luttes courageuses des salariés, plus Dunkerque et Fos-sur-Mer. Les coûts de main d’œuvre et la législation sur les droits du travail en Asie n’ont pas grand chose à voir avec l’existant en Europe, il semble également que la vie des personnes n’y représente pas grand-chose, tout au moins pour les employeurs.

Les exigences en matière environnementale sont actuellement inexistantes ;

Les débouchés d’Arcelor se déplacent : les entreprises utilisant l’acier, en particulier l’industrie automobile, se délocalisent en Asie.

Le gouvernement souhaite-t-il véritablement maintenir une industrie lourde sur le territoire ; quelle est la réalité des propos du Ministre Estrosi.

La localisation de Fos-sur-Mer répond bien à la réalité du marché mondial, puisqu’il se situe sur les grandes autoroutes mondiales de la mer, entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe avec l’entrée par le canal du Rhône. L’unité de production de Fos se situe sur un site certes fragile mais riche par son l’environnement. Mais il se situe aussi sur un site riche par ses hommes et ses compétences industrielles, nombreuses et performantes et diversifiées (raffinage, chimie, pétrochimie, sidérurgie), avec une histoire et un patrimoine industriel remarquables. Ce complexe industriel et portuaire, a aussi pu développer sa complémentarité et son dynamisme grâce au transport multimodal, qui nécessite toutefois de renforcer la compétence en matière de fret ferroviaire.

La question du bilan carbone de l’entreprise est un argument avancé par certains en défaveur du maintien de l’unité, mais qui ne peut être retenu : la France, afin de satisfaire ses entreprises très émettrices de Gaz à effet de Serre dans le très court terme, a octroyé trop largement des quotas de CO2 (selon les principes du protocole de Kyoto), ce qui fait que le marché d’échanges du carbone n’a pu se développer à un taux intéressant. Certes, l’activité des aciéries est très émettrice de CO2, mais par le système proposé d’échanges qui avaient été prévus dans les accords de Kyoto (proposé par les Européens), les quotas étaient là pour permettre un financement des investissements en faveur de la réduction des émissions : en vendant ses surplus de CO2, on obtient les financements pour l’amélioration des procès de diminution des émissions. ce dont certains ont profité, largement, dans d’autres pays d’Europe…

Est-il encore possible de parler d’activités industrielles lourdes, d’aménagement du territoire dans le cadre national et européen, alors que les ministères de tutelle restent de simples spectateurs des décisions des grands groupes, qu’ils ne jouissent d’aucune écoute de la part des banques qu’ils ont pourtant renflouées, qu’ils n’ont pas su faire autre chose que des grandes phrases pour des accords à Copenhague ratés.

La compétence industrielle de notre département, de notre région n’est pas à démontrer. Seule, une volonté politique industrielle nationale et euro-régionale est à mettre en œuvre. Elle ne pourra se réaliser qu’accompagnée de la concertation, la négociation de l'ensemble des partenaires, Etat, industriels, Collectivités territoriales, habitants.

Mais au fait, Arcelor-Mittal n'a-t-il pas fait de larges économies, grace à la suppression de la Taxe Professionnelle. Et alors, n'est ce pas le moment de renégocier les investissements nécessaires à la remise en fonctionnement du 2eme haut fourneau ?